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Quels travaux peut-on rétribuer ?


Si comme moi vous avez un petit Tom d’affaires à la maison, vous avez probablement la même question qui sonne souvent à vos oreilles :

Maman, que puis-je faire pour gagner de l’argent ?? 😀

Voilà une question à laquelle il n’est pas toujours facile de répondre…
Pour vous aider, je vous conseille d’envisager les points suivants :

  1. déterminer quel travail peut être rétribué,
  2. identifier les tâches que votre enfant peut faire,
  3. réfléchir à la paye que vous pouvez octroyer.
Tom tond le gazon

1. Quel travail peut être rétribué ?

C’est la question la plus fondamentale et la réponse dépend de chaque famille. En effet, personne ne voit les choses exactement de la même façon. En discutant avec de nombreux pères et mères de famille, je me suis rendue compte à quel point les avis divergent !

Mon ami Pascal a un concept intéressant. Chez lui, il y a des TUF : Travaux d’Utilité Familiale. Il s’agit de tâches telles que : mettre et débarrasser la table, ranger sa chambre, faire son lit, mettre ses vêtements sales dans le panier à linge, sortir les poubelles, arroser les plantes, aider à préparer le repas, vider le lave-vaisselle… Ces tâches doivent être accomplies par tous les membres de la famille, gratuitement.

En ce qui me concerne, je vois les choses de la même façon et je pense qu’il est primordial que les enfants participent activement à la vie de famille. Non seulement cela les responsabilise et leur apporte de la confiance en eux mais en plus ils apprennent des concepts essentiels tels que l’entraide, la solidarité, la vie en communauté, le respect, le partage. N’hésitez pas à dire à vos enfants que vous êtes fiers d’eux lorsqu’ils ont accompli une ou plusieurs de ces tâches. La reconnaissance est une récompense d’une grande valeur !
NB: Ne vous attendez pas à une exécution parfaite, vos enfants sont en phase d’apprentissage 😉

Du coup, quelles tâches peuvent être rétribuées ? Eh bien, ce sont toutes celles pour lesquelles vous seriez prêt(e) à payer un tiers.
Posez-vous simplement à chaque fois la question : est-ce que je serais prêt(e) à payer quelqu’un pour ce travail ? Si oui, alors vous pouvez aussi rétribuer votre enfant. Sinon, cela signifie que dans votre famille, cette tâche relève d’une TUF et doit être accomplie gratuitement.

Tom repasse une chemise

2. Quelles tâches peut effectuer mon enfant ?

Je vous propose ici une liste non exhaustive de TR (tâches rétribuées) que peuvent effectuer les enfants, selon leur âge.
Notez cependant que chaque individu étant différent, il vous appartient de juger ce que votre enfant est en mesure de faire ou non.

  • A partir de 7 ans : petits travaux de jardinage, laver la voiture, repeindre une clôture, cirer des chaussures, passer l’aspirateur ou balayer
  • A partir de 10 ans : tâches précédentes + tondre la pelouse, promener des chiens, petits travaux de bricolage, faire le ménage
  • A partir de 15 ans : tâches précédentes + repasser du linge, faire les courses, faire du soutien scolaire
  • A partir de 18 ans : tâches précédentes + garder des enfants, faire de l’assistance informatique

Encore une fois, il ne s’agit là que d’exemples de tâches que nous considérons rétribuables dans notre famille. Il peut tout à fait en être autrement dans la vôtre !

Si vous avez d’autres idées de TR, n’hésitez pas à en faire part dans les commentaires, je serai ravie de vous lire 🙂

Tom balaie

3. Quelle paye octroyer ?

Chaque famille ayant un budget différent, la rétribution devra s’adapter. Pour vous donner tout de même une idée, voici mes propositions de paye :

  • A partir de 7 ans : 3 à 4€ de l’heure
  • A partir de 10 ans : 5 à 6€ de l’heure
  • A partir de 15 ans : 7 à 8€ de l’heure
  • A partir de 18 ans : 9 à 10€ de l’heure

A vous d’adapter ces montants en fonction de vos possibilités, ils ne sont là qu’à titre d’exemple. Quant aux enfants plus grands, pourquoi ne pas les laisser juger eux-même de la valeur des services qu’ils offrent ?

Ce qu’il faut retenir, c’est qu’en étant rétribué pour un travail, votre enfant apprendra la valeur des efforts et du même coup, la valeur de l’argent. Il comprendra progressivement que l’argent ne tombe pas du ciel et ne pousse pas sur les arbres, mais qu’il est le fruit d’un labeur, d’un service rendu, d’une valeur apportée à autrui.

En comprenant cela, il aura moins tendance à vous réclamer de lui acheter des choses car il aura pris conscience que votre argent découle également de vos efforts.

Géraldine est maman de trois enfants et l’auteure du blog Petit Tom d’affaires où elle partage des conseils, des jeux, des lectures mais aussi ses projets personnels autour de l’éducation financière des enfants. Son parcours personnel chaotique dans les finances lui a fait prendre conscience de l’importance de ces notions que l’on n’apprend pas à l’école et qui sont pourtant primordiales dans notre monde moderne. C’est avec joie et détermination qu’elle partage ses découvertes et assume son rôle de pionnière autour d’un sujet encore trop tabou en France.

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3 Réponses

  1. Mon dilemme persiste malgré votre excellent article, car j’ai une réticence stratégique à rémunérer leurs travaux :
    – cela pousse à lier travail et argent, ce que déconseille fortement Kiyosaki.
    – cela pousse à développer une motivation extrinsèque au détriment de la motivation intrinsèque, selon divers livres sur ce sujet.
    J’avais essayé de réfléchir à un système de « monnaie complémentaire familiale », sans aboutir.
    J’ai relevé deux initiatives d’enfant qui me séduisent beaucoup :
    – dans « Comme des invitées de marque », une des filles crée une belle peinture chaque année pour la vendre sous forme de cartes de voeux, chez les petits commerçants locaux. Les ventes remboursent l’argent qu’elle investit chez l’imprimeur.
    – dans mon village, un enfant est en train de faire pousser des graines pour vendre des jeunes plants pendant la brocante d’avril, et essayer de gagner ainsi de quoi acheter des jeux pour sa switch.
    J’aime dans ces exemples l’ouverture sur le monde, en tant que créateur de valeur, avec des clients réels.

    • Merci Viviane pour votre commentaire très intéressant ! 😊
      Kiyosaki ne déconseille pas formellement de rémunérer les enfants pour leur travail. Dans le livre « Père riche père pauvre », son père riche lui propose d’ailleurs intentionnellement de travailler pour lui dans son magasin. Le but est qu’il constate par lui-même (car rien ne vaut l’expérience directe) qu’échanger son temps contre de l’argent est limité puisque le temps est limité. On est donc vite bloqué.
      Il n’y a pas de mal en soi à lier travail et argent. Ce qu’il faut, c’est apprendre à travailler intelligemment et surtout à faire travailler son argent pour soi.
      L’apprentissage de la motivation intrinsèque se fait par divers moyens que je considère plus de l’ordre de l’éducation en général. A l’école, en particulier, on crée de la motivation extrinsèque avec le système de notation. Les élèves ne sont pas motivés par les apprentissages mais pas la bonne note potentielle. C’est bien triste et au passage, cela laisse un tas d’enfants sur le bas-côté. Pour moi, cela est dû au fait que les apprentissages, tels qu’ils sont proposés, ne vont pas dans le sens du respect de l’être humain : on demande à tous d’apprendre la même chose, au même âge et au même rythme. C’est complètement fou ! Peut-être connaissez-vous cette image qu’on trouve sur internet avec la légende « Si on juge un poisson à sa capacité à grimper à un arbre, il pensera toute sa vie qu’il est nul ».
      L’école n’apprend pas à nos enfants à trouver de la motivation intrinsèque, il faut donc s’en occuper à la maison. Etre rémunéré pour un travail permet de constater que le travail en question est fatigant, qu’il ne vaut peut-être pas l’argent qu’on a reçu et qu’on aurait peut-être finalement préféré utiliser ce temps pour autre chose. Cela peut encourager à négocier son taux horaire et/ou à trouver des moyens différents de gagner de l’argent. Les enfants sont extrêmement créatifs et en cherchant des voies alternatives (que nous encouragerons bien sûr), ils trouveront cette fameuse motivation intrinsèque. Et puis, n’oublions pas qu’il y a aussi des personnes salariées qui sont très heureuses d’être salariées. Nous sommes tous différents !

      Les deux initiatives que vous relatez sont très chouettes et prouvent comme les enfants peuvent être créatifs quand on leur en laisse la possibilité. En revanche, je trouve dommage que la petite fille ne fasse pas de gain avec ses cartes de voeux (vous dites que ça rembourse les frais d’imprimeur, je suppose donc qu’elle se retrouve à 0). Si tel est bien le cas, l’étape suivante serait de réussir à dégager un petit profit.😉

  2. Merci pour ces précisions qui alimentent ma réflexion !
    Pour l’imprimeur, je me suis mal exprimée, toutes mes excuses ! L’adolescente gagne de l’argent avec ses cartes, heureusement 😉 Je voulais juste souligner qu’elle commence par en dépenser auprès de l’imprimeur donc qu’elle court le risque de finir avec moins d’argent si sa carte ne trouve pas assez d’acheteurs (mais de mémoire elle vend toujours tout sans difficultés).

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