Épargne des enfants : comment placer ?

Epargne des enfants

NB: L’article ci-dessous a été écrit par Nicolas du site Avenue des investisseurs.

Avec le système DOLAR, l’argent de poche de nos enfants est réparti entre 5 tirelires différentes :
Dons, Objectifs, Loisirs, Apprentissages, Richesse.
Petit à petit, la tirelire Richesse (30 % de l’argent de poche) conçue pour l’investissement long terme se met à déborder.

En pratique, comment placer pour vraiment faire travailler cet argent à long terme ? D’autant plus si on y ajoute les étrennes des papis et mamies à l’occasion des anniversaires, fêtes de noël… Les sommes peuvent devenir conséquentes au fil des ans et rapporter des intérêts… intéressants (c’est le cas de le dire !). En pratique, nous allons faire le tour des placements possibles, du livret A à l’assurance vie.

Le livret A ?

Le livret A est le réflexe classique des parents ou des grands-parents. Bien souvent, on l’ouvre rapidement après la naissance. Facile à ouvrir et à alimenter, non imposé, avec un plafond qui permet de voir venir (22.950 €). Mais rémunéré à seulement 0,50 %… Intéressant pour placer à court terme, mais pas pour l’investissement long terme du compte richesse !

Notre enfant a au moins 15 ou 20 ans devant lui avant d’utiliser cet argent et ce serait dommage de ne pas en profiter pour le faire travailler au mieux.

Faisons une simulation. Admettons 50 € par mois placés à 0,50 % pendant 20 ans. Cela donnera un capital de 12.616 € dans 20 ans. Alors qu’à 4 % de rendement, cela donnerait 18.252 € donc environ 5.500 € de plus ! Cela vaut le coup de chercher mieux.

Le livret jeune ?

Le livret jeune est accessible aux grands enfants de 12 à 25 ans. Cette fois, ce sont les banques qui fixent le taux de rendement et certaines banques proposent 2 %.

Il n’y a pas de quoi sauter au plafond ! D’autant plus que la somme versée en livret jeune est plafonnée à 1.600 €.

Investissement argent des enfants

Le plan d’épargne logement ?

Le plan d’épargne logement (PEL) est conçu pour le long terme, car le moindre retrait cassera le PEL. Il ne faut pas non plus oublier de verser au moins 540 € par an durant 10 ans, sinon le PEL sera aussi cassé d’office par la banque.

Avec ces contraintes, on pourrait s’attendre à un bon rendement ? Même pas ! En effet, les PEL souscrits depuis le 01/08/2016 ne rapportent que 1 % brut par an, soit 0,70 % net. C’est très décevant. D’autant plus quand nous, parents, avons connu la belle époque des PEL rémunérés 2,50 % voire 4,50 % !

Il fut un temps où les PEL pouvaient donner droit à une prime d’État (jusqu’à 1500 €) en cas de souscription d’un crédit immobilier…ce temps-là est terminé aussi.

Le plan d’épargne logement s’appelle ainsi car il peut permettre d’obtenir un crédit immobilier à taux soi-disant avantageux. Ce qui pourrait s’avérer intéressant quand nos enfants seront en âge d’acheter leur premier logement. Mais ce taux de crédit est de 2,20 %, pas intéressant quand on peut emprunter à 1 % sur 20 ans ! Décevant également de ce point de vue.

L’assurance vie ?

L’assurance vie est un placement auquel on ne pense pas spontanément. Souvent confondue avec l’assurance décès, alors que cela n’a rien à voir ! En assurance vie, on ne cotise pas à fonds perdus comme en assurance décès, mais on place et l’argent « fait des petits ».

Quand ouvrir l’assurance vie ?

Il est possible d’ouvrir une assurance vie dès la naissance au nom de l’enfant. Ainsi, j’ai ouvert une bonne assurance vie à mon fils alors qu’il n’avait que quelques mois.

Si l’enfant a moins de 12 ans, les documents d’ouverture devront être signés par les 2 représentants légaux de l’enfant.

Comment placer en assurance vie ?

Il faut voir l’assurance vie comme une enveloppe avec 2 compartiments :

  • le fonds euro est sécurisé, sans risque de perte en capital, mais rapporte peu (autour de 1,5 % par an) ;
  • les unités de compte (UC) présentent un risque de perte, mais ont de bonnes perspectives de performance. En clair, ce sont des fonds d’investissement (en actions, en immobilier, etc.) et on a le choix entre des dizaines de fonds sur les bons contrats d’assurance vie.

Pour mon fils, j’ai préféré investir en 100 % unités de compte, sur un « tracker World » qui réplique la performance du marché actions monde. Historiquement la performance est de +7 % en moyenne annuelle lissée, avec des hauts et des bas selon les années. Vu que son argent sera investi au moins 15-20 ans, c’est un risque très mesuré (l’investissement actions doit s’inscrire sur du long terme pour bien lisser la volatilité et « moyenner »).

D’autres préféreront diversifier entre le fonds euro et plusieurs unités de compte en immobilier, avec une espérance de rendement de 4 % par an, ce qui est déjà honorable.

D’autres encore, plutôt que d’opter pour la gestion libre, préféreront opter pour la gestion pilotée. Dans ce cas, c’est directement le gestionnaire qui choisit de placer entre fonds euro et unités de compte selon la situation de l’épargnant. Pour un enfant, le gestionnaire adoptera une gestion plutôt dynamique vu l’horizon de placement de l’enfant, donc avec une bonne espérance de rendement.

Sécurité financière

Quand sortir de l’assurance vie ?

On peut retirer l’argent de l’assurance vie à tout moment. Mais idéalement, on retire après les 8 ans du contrat pour bénéficier d’un gros avantage fiscal : exonération d’impôt sur la plus-value à hauteur de 4600 € par an !

D’où l’intérêt d’ouvrir jeune, idéalement avant 10 ans, de façon à ce que l’enfant puisse retirer de l’argent après ses 18 ans sans payer d’impôts.  Ainsi, il pourra récupérer son argent à son rythme, pour financer facilement son permis, son installation, etc.

Avant ses 18 ans, l’enfant ne pourra pas faire de retrait tout seul : les « rachats partiels » ou « rachats totaux » doivent être validés par les parents. Mais quand il sera majeur, il sera libre de retirer quand il le souhaite. Ceci dit, il est possible d’encadrer l’enfant (bloquer les retraits ou les conditionner par exemple pour l’achat immobilier ou le financement des études) jusqu’à ses 25 ans en rédigeant un « pacte adjoint ».

Bien choisir l’assurance vie

Les livrets A et le PEL sont identiques dans toutes les banques, car ce sont des produits réglementés par l’État. Alors que l’assurance vie est très différente d’une banque à l’autre, c’est le far west ! Donc il faut bien choisir son assurance vie, pour que l’enfant épargne sur un bon contrat. Dans cet article sur les meilleurs placements pour enfant, vous verrez une bonne sélection d’assurances vie.

Les critères essentiels :

  • 0 frais sur versement. Attention car de mauvais contrats prélèvent jusqu’à 5 % par versement !
  • de faibles frais de gestion : maximum 0,60 % par an ;
  • un bon fonds euro qui a délivré une bonne performance historique ;
  • un bon choix d’unités de compte : les meilleurs contrats proposent 500 UC, dont des fonds trackers et des fonds immobiliers ;
  • une bonne gestion pilotée avec de bonnes performances historiques, si on souhaite placer sur ce mode de gestion ;
  • une gestion en ligne, plus pratique pour verser, gérer et retirer.

Le plan d’épargne retraite (PER) ?

Ce n’est pas une blague, certains parents ouvrent un plan d’épargne retraite au nom de leur enfant !

Il faut dire que le PER n’est pas bloqué jusqu’à la retraite. Heureusement, l’enfant peut en sortir à l’occasion de l’achat de sa résidence principale. On est vraiment dans l’investissement long terme.

Tout comme l’assurance vie, le PER permet de diversifier entre fonds euro et unités de compte. Et on peut opter pour une gestion pilotée pour déléguer complètement au gestionnaire.

Avantage pour les parents : les versements sur PER sont déductibles des revenus imposables. Valable tant que l’enfant fait partie du foyer fiscal. Ainsi, si l’enfant verse 100 € sur PER et que les parents sont en tranche marginale d’imposition (TMI) 30 %, alors cela donnera 30 € d’économie d’impôt.

Attention, comme l’assurance vie, il faut ouvrir un bon PER car la qualité est très variable d’un contrat à l’autre.

Conclusion

On voit que le choix de placement pour la tirelire Richesse est vaste ! L’investissement long terme ouvre la voie à des placements intéressants.

Le meilleur placement pour enfant nous semble être l’assurance vie. Très souple, avec un avantage fiscal, cette enveloppe permet de diversifier et de bien faire fructifier l’épargne sur du long terme. Tout en permettant d’encadrer l’utilisation de l’argent.

Les autres placements (livret A, livret jeune, PEL) rapportant peu, l’enfant verrait très peu l’effet des intérêts et en profiterait moins une fois devenu grand. Donc moins de vertu éducative et moins de capital à terme pour servir les grands projets.

Le PER pourrait être une solution complémentaire, pour les parents fortement imposés (au moins en TMI 30 %) qui souhaitent défiscaliser par la même occasion.

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